Vincent Aguano, 27 février 2014

Une politique pour les usages numériques

Avec plus de 80% des Amiénois qui ont accès à Internet, il est désormais indispensable de penser aux usages et à la médiation. Les infrastructures techniques et les enjeux économiques doivent faire l’objet d’une attention particulière et d’une stratégie mais ne doivent pas reléguer au second plan les questions essentielles de citoyenneté et d’égalité.

L’exclusion numérique accentue non seulement la marginalisation des personnes les plus fragilisées mais menace les personnes socialement incluses qui ne sont pas connectées. Il est nécessaire d’accompagner les publics sur les usages essentiels, mais aussi de repenser la médiation dans son ensemble afin de garantir l’accès aux services par différents canaux, y compris humains.

Ces dernières années, les accès dématérialisés aux services se sont multipliés. L’usage du numérique n’est plus une option mais une exigence, que ce soit pour accéder à ses droits, aux services essentiels, au travail ou à la connaissance. Différentes plateformes ont vu le jour, elles ont permis de faciliter et personnaliser l’accès aux services mais elles ont aussi considérablement réduit la place de l’humain dans les services aux publics.
Avec l’omniprésence du numérique c’est un nouveau maillage des territoires qu’il faut imaginer, opportunité de repenser les interventions territoriales. Car si le numérique peut accroitre les inégalités, il peut aussi être un formidable levier de transformation et d’innovation sociales, ascendantes.

Il est temps de penser l’espace public "numérique" aux côtés du "présentiel", d’explorer les usages coopératifs, collaboratifs, citoyens. Les potentiels des outils sont énormes et il est urgent de s’en saisir pour engager un renouveau de la vie collective. Si l’on parle souvent "d’exclusion numérique", il faut maintenant initier "l’inclusion numérique".

Une collectivité comme Amiens Métropole ne peut porter seule une politique autour du numérique. L’implication de ses partenaires, de l’Europe aux communes, est indispensable. Mais la métropole doit engager une dynamique, proposer un schéma d’animation territorial, des perspectives, un cadre, des outils et une cohérence globale. Cet enjeu ne peut attendre la fin du prochain mandat pour être considéré.

Nos propositions :

  • Création d’une délégation (transversale) au numérique, sensibilisation des agents et des élus
  • Cartographie des acteurs locaux, capitalisation et partage d’expériences
  • Elaboration d’un schéma territorial concerté autour des usages numériques
  • Expérimentation de nouveaux espaces hétérogènes de médiation : accès aux droits et aux services essentiels, formation au numérique, co-working, création et développement de projets individuels ou collectifs,…
  • Exploration des outils numériques dans les débats publics : information (en amont), open data, contributions, interactivité, restitution…
Mise à jour le 27 février 2014
comments powered by Disqus