Dominique Rousseau, Maxime Fauquemberg, 21 octobre 2013

Ouvrir les données publiques ou Le principe démocratique de la diffusion de l’information

La diffusion d’informations publiques telles les données budgétaires, les horaires de bus, les plans des travaux de voirie... semble depuis bien longtemps une évidence démocratique.

Le concept « d’open data » consiste à étendre cette diffusion dans des formats ouverts, exploitables par tous.

Le budget de la ville par exemple, une simple recherche sur le site de la ville, et je trouve bien sur les grandes lignes : dépenses, recettes et leurs affectations – l’information est mise en valeur avec force histogrammes, camemberts et courbes – en revanche si je veux me faire ma propre idée, avec une analyse différente de celles proposées, je vais devoir recopier les données du site (par exemple dans un tableur), pour les traiter. Le paradoxe, qui se voit clairement d’ailleurs sur les informations publiées sur le site www.amiens.fr, est que ces données sont issues d’un tableur et remises en forme pour le site internet. Diffuser cette information, dans un format ré-exploitable, représente donc un coût et un effort humain proche du nul - l’apport en terme de démocratie locale est lui à l’inverse très important – le citoyen pourrait par exemple, en cette période pré-électorale, vérifier les allégations des candidats ?

Et au delà de l’information pure, la publication de données est un facteur d’éclaircissement du fonctionnement de la collectivité, que ce soit vers l’extérieur ou entre les différents services publics et leurs partenaires. L’apport de l’interaction entre les différents acteurs d’un domaine, qu’ils soient publics ou privés, est avéré dans le domaine des sciences humaines ou de la recherche – citons pour exemple la plate-forme GéoPicardie – centralisant les ressources géographiques locale.

Demain avec la généralisation de la diffusion, les données accessibles pourront permettre des usages dépassant ceux de la collectivité. L’innovation actuelle dans l’économie numérique tient d’ailleurs plus de l’usage des données que de son traitement : les réseaux sociaux purement communautaires ou professionnels ne font qu’exploiter commercialement des données, les entreprises de marketing depuis longtemps nourrissent leur activité de l’exploitation de données, que ce soit en ligne, ou hors ligne (étude d’implantation, analyse de flux de déplacements… ) gageons que la diffusion de nouvelles informations ouvrira de nouvelles voies de développement économique.

Bien sûr, le cadre d’utilisation de données personnelles, clairement défini par le législateur, ne s’oppose pas à cette stratégie, pour mémoire les informations personnelles ne sont consultables que dans un cadre limité (étude historique, sociologique, généalogie… ) et 75 ans minimum après leur création. Outre, ces données nominatives et les informations économiques ou pratiques, bon nombre d’informations historiques sont détenus par les services de la mairie : plans, clichés ancien, rapports produits par les différents services de la ville… Ces documents sont à l’heure actuelle d’un accès, au mieux complexe, voire interdits d’accès. L’histoire contemporaine, l’urbanisme, la politique de la ville, la sociologie… auraient tout à gagner de pouvoir travailler sur notre passé avec des outils actuels.

Nous proposons :

- la diffusion des informations publiques systématique lorsqu’elle sont produites dans un format exploitable, dans des formats ouverts et sous licence libre.
- l’augmentation progressive du volume de données disponibles
- la sensibilisation des équipes à la diffusion d’informations dans des formats ouverts et à la publication de ces données.
- l’ouverture des données historiques archivées dans des formats ouverts et sous licence libre.

Mise à jour le 21 octobre 2013
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