Jean-François Vasseur, 13 mars 2013

Faisons d’Amiens une vraie capitale numérique

Le secteur numérique représente plus du quart de la croissance et 40 % des gains de productivité de l’économie. Il est créateur de nouvelles richesses, de nouveaux services, de nouveaux usages et de nouveaux emplois. Amiens métropole continue, vaille que vaille, à attirer les investisseurs pour sa qualité de vie, son tissu économique en renouveau ses centres de recherche, ses opportunités foncières et immobilières, mais elle reste très concurrencée sur les fonctions dites stratégiques, notamment les nouvelles technologies. Nous proposons d’engager une démarche Open Data sur le territoire et la mise en place de services numériques au bénéfice des citoyens, des entreprises et pour la collectivité.

La concurrence entre les métropoles pour attirer les investisseurs étrangers et les acteurs du développement (entreprises, institutions, personnes) est plus forte que jamais.
Aucun acteur local n’a à lui seul la légitimité suffisante pour définir et gérer une politique publique locale en la matière. L’exemple du déploiement poussif du FTTH (fibre optique jusqu’au domicile) sur le territoire de l’agglomération, abandonné aux opérateurs, le montre, il n’y a pas de consensus sur les priorités et on ne peut pas s’en remettre à un agenda de pure rentabilité, dont l’opérateur historique » est le principal acteur….

L’occultation de la ville numérique doit faire place à un volontarisme déterminé et largement partagé. Nous devons lancer un projet ambitieux pour faire d’Amiens un des territoires les plus attractifs à l’horizon 2025. C’est un véritable projet urbain, social et économique d’intérêt régional qui doit et peut promouvoir le développement économique durable, solidaire et créateur d’emplois de la capitale régionale et bien au-delà. Le numérique aura à jouer un rôle moteur et structurant dans la réalisation de cette ambition en soutenant l’ensemble des politiques de développement et d’aménagement du territoire.

Cette ambition concerne prioritairement quatre politiques publiques d’aménagement des territoires :

  1. le numérique au service du développement durable ;
  2. le numérique comme catalyseur de l’économie de la connaissance ;
  3. le numérique comme levier du développement économique ;
  4. le numérique pour améliorer la vie urbaine des citoyens.

Pour ce faire, nous disposons d’acteurs économiques performants dans la chaîne de valeur du numérique - logiciels, services, télécoms et Internet, sécurité, microélectronique - et de créateurs de contenus et de produits culturels reconnus (Amiens Le L@b’ » pour sa part s’appuie sur cinq domaines d’activités qui constituent de simples pistes de réflexion : la gestion à distance de données à haute valeur ajoutée (e-santé, diagnostic à distance,…) le traitement intelligent de l’information (data warehouse, cartographie de l’actualité…) la sécurisation des données (cryptage, applications pare-feu, antivirus…) la gestion de contact et nouvelles opportunités (fidélisation, ciblage, CRM…) la gestion de la mobilité (e-maison, nomadisme, hertzien…).
Il faut un pilotage stratégique qui s’appuie sur l’évaluation partagée de nos forces et de nos faiblesses et permette de hiérarchiser les priorités. Ce pilotage doit concerner les télécommunications, mais aussi les applications et les contenus, l’informatique, les terminaux et les composants, des activités productives qui innervent toute l’économie et ont un effet sur les pratiques sociales et culturelles. Il doit conjuguer initiative privée et intérêt public.
Nous proposons l’élaboration d’un Schéma métropolitain de développement des services et usages numériques :

  • Les services numériques au bénéfice de la collectivité :
    - Assurer la dématérialisation dans une optique d’amélioration de la coopération au sein des services administratifs. L’exemple de la dématérialisation des marchés publics est intéressant de ce point de vue. Si aujourd’hui les avis de marchés et les dossiers de consultation sont dématérialisés, en revanche les réponses électroniques restent très marginales et souvent mal traitées.
    - Construire une offre de services publics centrée sur les besoins des usagers et accroître l’accessibilité des démarches administratives garantissant un égal accès pour tous. Il s’agit d’utiliser les services numériques pour simplifier la relation avec l’administration. A cela, il convient d’ajouter l’enjeu de garantir un accès pour tous, qui associé aux services numériques, se traduit par la notion d’accessibilité numérique.
    - Promouvoir la mutualisation des ressources et des moyens dans un but d’amélioration de la qualité de services et des organisations. Toutefois, cet enjeu fait ressortir la question de la nature des interactions entre les niveaux de collectivités mais aussi avec les services de l’État ou Somme Numérique qui, dans certains cas, peuvent s’avérer bloquantes…
  • Les services numériques au bénéfice des citoyens :
    - Engager la démarche Open Data en mettant à disposition de tous des données publiques, devenant ainsi exploitables par tous. Dans un premier temps, l’agglomération pourrait diffuser des données autour de trois thématiques : l’environnement, les transports et la localisation des services de proximité. Par exemple, à partir des données géographiques proposer des commentaires audio/vidéo sur le portable du cycliste. Avec le croisement des horaires et itinéraires de bus et le relevé des hauteurs des quais et rampes d’accès, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite peut être optimisé dans tous leurs déplacements…
    - La mise à disposition d’un coffre-fort électronique, espace virtuel où l’internaute s’identifie une seule fois et dispose ensuite d’un espace personnel sécurisé. Il y dépose et conserve toutes ses pièces justificatives dans un unique coffre-fort électronique. Toute pièce justificative (carte d’identité, avis d’imposition...) déposée pour un dossier y est conservée afin que l’usager puisse s’en servir lors d’une future démarche administrative.
    - La numérisation du patrimoine culturel : il nous apparaît essentiel de passer de la phase « numérisation » à la phase « valorisation » pour assurer une exploitation des richesses patrimoniales. Les TIC peuvent permettre de développer de nouveaux canaux de valorisation du patrimoine culturel mais aussi touristique.
    - Le développement des Espaces Numériques de Travail dans les écoles : il s’agit d’un domaine dans lequel Amiens Métropole est une référence au niveau national.

La liste des usages numériques au service du citoyen est aujourd’hui infinie puisqu’elle est à inventer !

  • Les services numériques aux entreprises :
    - Simplifier les relations des entreprises avec l’administration. Autrement dit, développer l’e-administration pour les entreprises.
    - Relancer le télétravail, par le développement d’outils collaboratifs comme les messageries.
    - Créer des plates-formes mutualisées de services, pour développer des plateformes à composante éditoriale et documentaire, applicative et transactionnelle mais aussi collaboratives.
    - Produire des plates-formes de services aux entreprises pour développer des services à valeur ajoutée directe aux entreprises (plates-formes spécialisées métiers ou filières). Les déclinaisons sont innombrables : tourisme, urbanisme, recherche et innovation, etc. et leurs applications à inventer.

Il convient de prendre acte du développement des usages numériques tant en ce qui concerne l’attractivité de notre territoire, l’activité économique que la démocratie locale.

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- services numériques aux entreprises
- services numériques au bénéfice d’Amiens métropole

Mise à jour le 13 mars 2013
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