Emilie Thérouin, OT, 1er septembre 2013

Place au Beffroi !

Le centre-ville se sentirait-il négligé ? Les Amiénois, et plus généralement les habitants de la Métropole, constatent une apathie dans les travaux dédiés au centre après vingt ans d’importants aménagements qui avaient alors permis de créer un « vrai » centre-ville à Amiens.

Voilà pourquoi il faut finir le travail, susciter de nouvelles envies et bousculer les habitudes. Nous ne saurions nous satisfaire d’animations ponctuelles manquant cruellement de sens. Le centre, point de convergence et de rencontre des habitants de la Métropole, du département et autres touristes doit rester l’attraction majeure du territoire et son meilleur ambassadeur.

Alors que la première tranche des travaux de requalification de la halle au frais vient de s’achever, nous peinons à saisir le projet d’envergure qui aurait l’ambition de développer et soutenir franchement l’attractivité du centre-ville.

Les changements opérés ou constatés en hyper-centre sont des vecteurs du dynamisme global de l’agglomération, les Amiénois de tous les quartiers s’y retrouvant. C’est un lieu fédérateur qui rayonne bien au-delà des boulevards intérieurs. Le centre-ville n’est pas le lieu exclusif des plus aisés ou des fêtes étudiantes. Quand nous l’arpentons, il nous apparaît plus divers, avec des logements de différents standing et de nombreux services partagés (équipements, services publics...).

Incontestablement, le centre, la ville, mais aussi la Métropole ont besoin de projets d’envergure. C’est même un marqueur extrêmement fort du dynamisme de notre territoire. L’image de notre ville doit rejaillir au-delà de la rocade !
Aussi, Amiens ne peut pas se satisfaire d’être uniquement classé au rang des « villes cathédrales ». Si le patrimoine participe à la valorisation de notre ville, l’économie de proximité, les services, les transports mais aussi nos espaces publics contribuent à son essor.

Nous devons réinventer le Centre, créer des lieux de vie, d’autres places que l’illustre Gambetta, revaloriser nos espaces publics.

Depuis la construction de la verrière de la gare – projet discutable par ailleurs – aucun projet phare n’est venu conforter la place du centre-ville dans la Métropole. Seul le retour des bus - accompagné de bien maigres aménagements - serait à signaler.

Le centre ne peut pas se limiter à la seule place Gambetta, aussi fréquentée soit-elle. Ce lieu a phagocyté la représentation du centre-ville et si nous lui reconnaissons des qualités pour y profiter pleinement des terrasses, elle ne représente pas le poumon vivant d’Amiens. Si c’est un point de rendez-vous désormais incontournable, elle ne peut satisfaire les exigences plus larges du centre d’une grande ville.

Un centre qui n’évolue pas renvoie une bien piètre image de sa ville et entretient parallèlement la perception d’un certain immobilisme.
En cela, les halles et les monuments publics ont toujours été le cœur battant de nos cités. Il conviendrait de ne pas l’oublier.

Ainsi, le Beffroi, classé Patrimoine Mondial de l’Unesco, souffre d’un cruel abandon, les touristes n’arrivant même pas à en faire une photo correcte tant ses abords sont négligés !
Toute proche, la rue au Lin pâtit d’un aménagement pour le moins déficient, traité comme la cour de services des halles. Alors que le Beffroi devrait être un atout patrimonial majeur, il se retrouve caché derrière des piles de CD, des balais-brosses et des rôtisseries ambulantes.

L’hôtel de ville est également un bâtiment historique à réinscrire dans le tissu urbain, et notamment la façade sur la place Léon Debouverie. Rappelons qu’à l’origine, l’hôtel de ville s’ouvrait vers le beffroi, alors qu’il est désormais entaché par une rangée de voitures à ses pieds. Il est actuellement si délaissé qu’il s’est vu affublé à ses flancs de sanisettes pour le moins déconcertantes...

Parce que nous ne voulons pas laisser le centre-ville réduit aux franchises commerciales de la rue des Trois Cailloux, nous proposons la reconquête de l’espace du Beffroi :

• Créer une succession de places publiques : placette Sainte-Catherine, parvis de l’église Saint-Germain, place au Fil, place Léon Debouverie, place de l’Hôtel de Ville ;

• Aménager de manière qualitative les abords du Beffroi et ses accès de la rue au Lin et de la rue Chapeau-de-Violettes ;

• Réorganiser la circulation rue au Lin (voie de bus, sorties de parking souterrain, livraisons des Halles...) ;

• Réorganiser et hiérarchiser le stationnement, notamment en le supprimant au ras de l’hôtel de ville, et requalifier les espaces publics place Léon Debouverie

• Rouvrir l’hôtel de ville sur la place Léon Debouverie ;

• Ouvrir le Beffroi plus régulièrement à la visite mais aussi à des manifestations culturelles ;

• Encourager le réinvestissement des locaux de la Poste.

Mise à jour le 1er septembre 2013
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