Ventilos, 20 novembre 2013

Ne négligeons pas nos entrées de ville

L'auteur(e)

Si chaque ville est différente, notamment par sa géographie, les contraintes de nos vies « modernes » ont souvent standardisé les entrées de villes, et les ont transformées en zones péri-urbaines souvent peu avenantes. Dans un précédent billet sur La Fabrique – Prenons soin de nos touristes – nous avions pointé les progrès que nous pouvions réaliser dans l’accueil de nos visiteurs, et ce point du traitement des entrées dans notre ville a particulièrement suscité de réactions : nous nous devions d’y revenir plus longuement.

L’histoire des villes et de leur urbanisation est jalonnée, au fil des siècles, de problèmes liés à la gestion des entrées : longtemps les villes ont été fortifiées pour repousser les « agresseurs » et les entrées étroitement protégées. Si l’évolution de nos modes de vie ont fait tomber les remparts, nous en avons malgré nous recréé de nouveaux : les formidables rocades qui repoussent sur les extérieurs le trafic de passage.
A Amiens, la rocade passe loin, très loin. Aussi cette rocade est elle jalonnée d’entrées. Si vous les abordez, vous remarquerez que :
- presque toutes proposent une vue étonnante de la cité et des ces principaux monuments (l’entrée Est par Longueau, l’entée Sud par Saint Fuscien, l’entrée Ouest par la Route d’Abbeville, l’entrée nord par Longpré, etc.) ;
- qu’il faut connaître pour savoir ou aller.
Sur ce second point, mettez vous dans la peau de quelqu’un qui vient pour la première fois : pas d’entrée Amiens Centre (ah si, une, sur la section payante de la rocade ou de l’autoroute on ne sait pas trop, en fait), pas d’entrée indiquant les monuments (il faut attendre d’être entré pour voir les panneaux).
Une fois l’entrée choisie (à l’intuition, a défaut de GPS), vous n’aurez pas le loisir d’admirer la vue sur la cité car il faut connaître pour circuler : la route d’Abbeville, la rue Jules Barni ou les entrées nord avec leurs aménagements peu habituels (et donc potentiellement dangereux pour ceux qui ne les connaissent pas), les circulations pas forcément logique (la transition route de paris = rue de paris ou le Boulevard Alsace Lorraine toujours lui) etc. Quelques efforts simples - meilleure signalisation des monuments, annonce des différents parkings publics dès l’entrée dans la ville avec fléchage des accès tout au long des parcours d’entrée, et les efforts à réaliser lors de la mise en œuvre du tramway et des zones d’échange – faciliterait la vie de nos visiteurs, et la fluidité et la sécurité des trafics.

Si Amiens fut longtemps dans l’histoire une cité d’importance, c’est aussi parce qu’elle était un lieu d’échange entre les modes de transport : entre les routes et la Somme.
Pour le visiteur aujourd’hui la Somme est une vue de l’esprit tant qu’il n’a pas fait escale à Saint Leu. N’est ce pas un peu réducteur ? Pourquoi dispose-t-on de points de vue magnifiques (la vue depuis le Viaduc Jules Verne pour seul exemple) et rien ne permet d’en faire profiter nos visiteurs ?

Plus généralement, les entrées, avec leurs zones commerciales standardisées, certains services essentiels à la vie de la cité relégués là par commodité (les déchetteries, à ciel ouvert), et l’importance prépondérante des voies de circulation (rocade, bretelles, dessertes des zones) se doivent d’être traités avec la même importance que les aménagements de l’hyper centre. Pour cela la ville a des atouts : les zones d’aménagement dont l’un des contributeurs de La Fabrique a parlé là - Les zones d’activités peuvent-elles être des espaces de développement ? - doivent être dès à présent traitées comme les portes d’entrée de notre cité – et nous devons éviter à tout prix la standardisation et le moins disant architectural, ce qui nous permettrait de marquer notre différence, et donner envie à nos visiteurs d’y entrer et de s’y arrêter.

Nos propositions :
- Soigner la signalétique de nos lieux remarquables
- Créer de véritables parcours d’entrées (guide vers les parkings centraux et relais)
- Valoriser nos zones d’activité (cohérence professionnelle avec des pôles d’activité – exigence architecturale et urbaniste)

Mise à jour le 20 novembre 2013
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