PROPOSITION
OT, 20 janvier 2013

Le Quai de l’Écluse : tête de pont de la réconciliation de la ville et du fleuve.

L'auteur(e)

Le fleuve est très peu présent dans la ville, ils mènent des vies parallèles, disjointes. Bref, ils s’ignorent, se détournent l’un de l’autre.
Il manque un un lien, un fil et le Quai de l’Ecluse est l’un de ces endroits où la rencontre de la Ville et du Fleuve est possible.

La ville entretient avec son fleuve un rapport paradoxal.

Les hortillonnages en font sa fierté ainsi que l’un de ses principaux attraits touristiques, le quai Bélu regorge de restaurants et de bars ouverts tard le soir et accueille une population nombreuse en été, la place du Don est un haut lieu des festivités estudiantines. Enfin, la Baie de Somme atteint désormais une notoriété nationale comme destination privilégiée des vacances.

Pourtant, le fleuve et l’eau d’une manière générale sont très peu présents dans le quotidien des amiénois. Pour preuve, on tente d’installer des fontaines au Centre (Place Marie sans Chemise, Place Gambetta, Place Fiquet, Jardins Dufau…) sans grand succès.

La ville et le fleuve entretiennent des vies parallèles, une cohabitation à peine courtoise. Les points de rencontre sont rares (d’ailleurs où sont les bateaux ? Où est le port ?).
Le fait est qu’il est malaisé de flâner le long des berges ; les parcours sont discontinus, délaissés, ou occupés par des parkings…

L’épaisseur que prend le fleuve en traversant Amiens, ce chapelet d’îles remarquables manque d’un lien, d’un fil directeur.

Le Quai de l’Ecluse, et plus globalement le bas de Saint Maurice, est l’un de ces endroits où la rencontre de la Ville et du Fleuve est possible.
Il est aujourd’hui préservé des nuisances de la ville, presque hors du temps. La quiétude, la rêverie qui s’en dégagent sont uniques à Amiens. L’endroit est si charmant, voire romantique, qu’on tremble à l’idée de la bousculer, même légèrement et en toute bienveillance.

C’est presque trop simple : proche du centre, bucolique, les étudiants en Art déambulant le midi… C’est presque trop évident : des maisons simples et de bon goût, des HBM (Habitation à Bon Marché) de grande qualité, les terrasses au Sud des logements récents de l’OPAC, un bois ; tout y est présent.

Pourtant un peu d’une espèce de mélancolie latente nous incite à aller y voir de plus près. Il manque à ce tableau idyllique un peu de vie - un peu de vent aurait écrit Rimbaud. Parce que ce quartier est introverti, on le visite peu et il s’exporte peu. On peine à y déambuler, on n’y croise pas d’amoureux. Ses abords sont complexes, les traversées piétonnes périlleuses.

On aimerait pouvoir rejoindre Saint Leu par le jardin des Plantes ou en suivant le fil de l’eau. Malheureusement, partout on bute sur un obstacle : carrefours automobiles très fréquentés, culs de sac, trottoirs inhospitaliers…
On aimerait aussi pouvoir traverser le quartier du Nord au Sud, le long de ses berges, en profitant de cette enclave bienveillante. La Citadelle, toute proche, va bientôt bruisser de l’énergie des étudiants qu’elle va accueillir. Profitons-en pour leur offrir un espace de répit, de douce contemplation. De même le déménagement de l’hôpital Nord va offrir de nombreuses opportunités en faisant sauter le verrou du plateau et en permettant l’aménagement du coteau.

Voyons ce que Lyon a fait de ses berges et la reconquête de ses cours d’eau.

Faisons de cet endroit un espace de poésie.

-  Faire du Quai de l’Ecluse la tête de pont de la reconquête des berges de la Somme.
-  Recréer des liaisons avec les quartiers limitrophes. Soigner les abords.
-  Réinscrire le quartier dans le maillage urbain.
-  Raccrocher Saint Maurice au Nord et vers le Centre Ville.

Mise à jour le 20 janvier 2013
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