Jean-Pierre TETU, 29 septembre 2013

Faisons place à la nature en ville !

Comment impliquer les citoyens dans la gestion des espaces de biodiversité en ville ?

La nature en ville nous semble devoir répondre à trois préoccupations :
- Freiner l’érosion de la biodiversité,
- Contribuer à rendre plus attractif pour les citadins un tissu urbain en voie de densification,
- Donner (ou redonner) aux usagers et aux citoyens un rôle d’animation, de participation et de décision dans la vie de la cité.

Préserver et développer la présence de la nature dans la ville constitue donc, pour une collectivité telle qu’Amiens, un enjeu important : permettre à la biodiversité de retrouver ses droits, c’est également créer des espaces non seulement appréciables, mais également favorables à des usages citoyens.

Les effets positifs de la nature en ville sont multiples : un cadre de vie plus apaisant et plus sain, une offre élargie d’activités de plein air, une meilleure régulation des températures dans la ville, mais aussi une gestion plus efficace des aléas liés à l’eau, ou encore un accroissement de la biodiversité ou une redynamisation de l’agriculture maraîchère… Encore ces quelques points n’offrent-ils qu’un aperçu des bénéfices sociétaux que peut apporter une meilleure biodiversité des espaces urbains.
Comme cela est désormais indiqué dans les documents de planification urbaine sous le vocable de trame "verte" ou "bleue", il convient de constituer écologiques dans l’espace urbain, continuités qui doivent être liées à la nécessité d’une véritable implication des citoyens dans la vie de la cité. Or, l’amélioration du cadre de vie et la gestion des milieux urbains sont autant de sujets qui permettent de mieux solliciter les habitants et de mettre en œuvre une solidarité écologique.
Plus verte et plus nature, la ville devient donc plus agréable à vivre.
Les services rendus (économiques, sociaux, écologiques…) par une noue paysagée, par une zone humide éducative ou par des jardins familiaux sont bel et bien utiles et devraient être mieux reconnus, valorisés et pris en compte dans les projets urbains.
A l’image des plans de déplacements, des SCOT (Schéma de cohérence territoriale) et autres plans climat énergie, Amiens a besoin d’un plan « Nature en ville » qui soit l’outil susceptible d’introduire une cohésion des multiples initiatives citoyennes qui émergent.

Ce type de planification a l’énorme avantage d’être le fruit d’un travail collectif. Il entend contribuer à répondre à des défis considérables : il s’agit tout à la fois d’améliorer la qualité de vie et le lien social, d’adapter la ville au changement climatique, de préserver la biodiversité et les services que l’on retire du bon fonctionnement des écosystèmes, et, enfin, de promouvoir des modes de production et de consommation durables qui soient favorables notamment au maintien et au développement des filières économiques de proximité.

Donner de la place à la nature dans la ville c’est favoriser un habitat plus sain, mieux partagé et plus respecté. Et comme le chante Pierre Perret : « Donnez-nous, donnez-nous des jardins, des jardins pour y faire des bêtises, d´où l´on revient des p´tites fleurs à la main »

Le plan Nature en ville pourrait se décliner sur trois axes :

- Ancrer la ville dans son milieu naturel et sa géographie,
- Préserver et développer les espaces de nature en qualité et en quantité,
- Promouvoir une culture et une gouvernance partagée de la nature en ville.

Mise à jour le 29 septembre 2013
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