Eric, Marine, 30 octobre 2013

Les associations, de véritables partenaires de la vie de la cité

On entend tout et son contraire sur les associations : l’une aurait « dévoyé l’esprit de la Loi 1901 », l’autre recourrait « uniquement aux emplois aidés » devenant de simples « prestataires des politiques publiques » sans capacité de créer et de se renouveler.
Comment démêler le vrai du faux ? La réalité serait-elle plus complexe ?

Les associations sont au cœur même de la vie de la cité, soit d’une grande partie de la vie quotidienne des habitants d’une ville comme Amiens : de l’association de bénévoles qui apporte une animation périscolaire dans son quartier à l’association d’éducation populaire gestionnaire d’une délégation de service public pour gérer les crèches d’une collectivité.

La clé serait-elle le partenariat et la confiance, plutôt que la concurrence et la défiance ?

L’enjeu n’est pas des moindres pour les associations, comme pour une ville et ses habitants : un véritable partenariat doit se mettre en place pour permettre la mise en œuvre de politiques publiques adaptées, pour développer la vie sociale de nos quartiers, pour créer des espaces d’expression des habitants - ayant ou non le droit de vote -, pour offrir des services de proximité aux habitants sans distinction ni discrimination, pour animer des temps de formation non formelle à la prise de parole, à la pratique démocratique et citoyenne, pour créer localement des emplois non précaires de qualité…

Des solutions simples et à la portée des collectivités devraient être mises en œuvre.

La ville doit créer et valoriser des espaces de prise de parole, dans le respect de la législation : en multipliant les panneaux d’expression, favorisant l’accès aux panneaux lumineux d’information, offrant des espaces dédiés dans les journaux municipaux et sur les sites internet municipaux, mais aussi faciliter la distribution de la communication papier des associations, etc.

Un guichet unique (réel et virtuel) devrait permettre aux associations de simplifier toutes les démarches pour déposer des demandes de subvention, ouvrir un débit de boissons temporaire, déposer une demande d’occupation de l’espace public, usage de salles municipales de réunion, prêt de tentes/barnums, etc.
Les critères, les coûts, les papiers demandés doivent être clairement énoncés, les mêmes pour tous et partout sur le territoire.

Des espaces de rencontre et d’échange, de formation des dirigeants associatifs, bénévoles et salariés, de promotion de la vie associative (comme Agora) pourraient être développés.

Aujourd’hui, à Amiens, un salarié sur dix est employé par une association, on ne peut donc pas remettre en question la nécessité du financement des associations qui directement et indirectement créent de l’emploi et participent à la vie économique et sociale de nos territoires. Les municipalités doivent affirmer leur volonté de soutien aux associations en faisant de la subvention un principe et l’appel d’offre une exception. Une ville comme Strasbourg l’a fait, une ville comme Amiens devrait pouvoir le faire. La précarité associative devrait être limitée par la signature de conventions pluriannuelles lorsque les activités répondent aux priorités des politiques municipales.

Enfin s’il semble évident que les collectivités locales, garantes de la bonne dépense de l’argent public, doivent évaluer le résultat des actions soutenues, celles-ci ne peuvent être seules à définir les règles de l’évaluation. Celles-ci doivent être co-construites en partenariat avec les différents acteurs dès le début d’un projet selon des critères mesurables quantitativement et qualitativement et mesurées pendant toute la durée de l’action. Elles ne peuvent pas uniquement prendre en compte des aspects financiers qui valoriseraient strictement la rentabilité. D’autres critères sont à prendre en compte à un plus juste niveau : le temps associatif bénévole, la place des jeunes et des seniors, ou encore celle des femmes dans les instances décisionnelles, etc.

Pour cela, ne faudrait-il pas que les municipalités forment leurs agents, amenés à travailler avec des associations comme les services juridique et finances, afin qu’ils comprennent mieux leurs spécificités. Des outils, des organismes le proposent, des villes l’ont déjà fait.

Ni les associations, ni les municipalités ne sont là pour faire « à la place de » mais bien « avec ». Les municipalités doivent apporter leurs spécificités en tant que collectivité, leurs capacités à soutenir, développer, mobiliser tous les acteurs de la ville afin d’amplifier la réussite des projets au service de tous, pour mieux vivre ensemble.

Nous proposons :

- Le développement des espaces d’expression pour les associations
- La refonte de l’évaluation des associations
- Développer les espaces de rencontre et de formation des acteurs associatifs
- Un guichet unique avec un accueil physique et une interface numérique
- La formation des personnels d’Amiens métropole sur le fonctionnement des associations

Mise à jour le 30 octobre 2013
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