Jean-François Vasseur, Manu Houeix, 3 octobre 2013

L’agriculture urbaine : un enjeu de développement pour notre métropole

L’agriculture périurbaine (et urbaine !) n’est pas seulement l’agriculture présente autour de la ville, C’est aussi une agriculture qui doit être adaptée à ce contexte particulier qui lui impose des contraintes mais qui lui offre des opportunités économiques.
L’adaptation nécessaire n’est pas à sens unique : pour être durable l’agriculture doit autant s’adapter à la ville que la ville doit s’adapter à son agriculture, en premier lieu en lui laissant une place sur son territoire et dans son activité économique.

Une révolution culturelle est nécessaire en cette matière pour ébranler l’image dominante d’une agriculture productiviste et industrialisée, démontrer, pour convaincre l’ensemble des partenaires - y compris les instances agricoles -, l’utilité et la viabilité d’un modèle économique construit sur l’exploitation de petites surfaces pratiquant la vente directe dans un environnement urbanisé.
Cela nécessite également de revoir profondément les modalités et les contenus de l’enseignement agricole pour permettre le foisonnement d’initiatives fondées sur des compétences qui en favorisent le développement et la pérennité.

Les communes et les collectivités locales sont au premier plan pour favoriser l’agriculture en zone périurbaine.
Les communes peuvent être propriétaires de terres agricoles, et elles sont responsables des PLU qui jouent un rôle majeur pour l’aménagement du territoire et la protection des terres agricoles.

Le titre III, Dispositions applicables aux zones agricoles, (il s’agit d’une zone agricole, équipée ou non, à protéger en raison de son potentiel agronomique, biologique ou économique. Seuls sont autorisés les constructions, aménagements et installations nécessaires ou liés à l’exploitation agricole, ainsi que ceux nécessaires aux services publics ou à l’intérêt collectif), est le parent pauvre du Plan Local d’Urbanisme de la ville d’Amiens. Il ne traite que des restrictions et modalités dérogatoires de la construction dans la zone et se contente d’énumérer les « occupations du sol interdites ». Les références et prescriptions d’une véritable stratégie agricole doivent inscrites dans le PLU pour que les techniciens mettent en œuvre une politique dynamique d’installation.

Les communes peuvent également exercer un droit de préemption et favoriser la création de jardins collectifs, partagés, ou ouvriers, assurant ainsi la réinsertion sociale et économique de personnes en difficulté, mais souvent aussi assurant la prévention de l’exclusion par la création de liens sociaux.

La loi d’orientation agricole de 1999 a mis en place la possibilité pour les communes de créer des Zones d’Agriculture Protégées de façon à protéger la fragilité de certains espaces agricoles face au développement des zones urbaines.

Amiens Métropole possède des réserves foncières en pleine propriété de plusieurs centaines d’hectares, tout particulièrement au titre de zones d’activité futures. Parfois depuis des dizaines d’années et sans perspectives d’utilisation.
C’est un volume exorbitant dans le contexte actuel, souvent inadapté à la demande des entreprises, parfois inutilisable compte tenu des servitudes d’utilité publique (lignes THT…), cher à aménager et dans tous les cas peu compatible avec les orientations d’aménagement durable du territoire.
Il existe donc un patrimoine foncier en zones périurbaine et parfois même urbaines, immédiatement mobilisable pour développer rapidement des volumes significatifs de filières agricoles de proximité, alimentant des circuits courts de distribution de produits sains et de qualité, tout en créant de l’emploi et du lien social.

Les filières dont il s’agit ici sont principalement le maraîchage, l’arboriculture et l’horticulture car ces filières ont toutes un encrage historique sur le territoire. Toutes ces filières ont en commun d’être créatrices d’un nombre relativement important d’emplois à l’hectare, de nécessiter des surfaces réduites pour constituer une exploitation viable et de rechercher des débouchés commerciaux de proximité. Un des objectifs de la diversification est de tirer le meilleur parti de ces productions dans un contexte de chalandise périurbaine, que ce soit par la transformation des produits et leur commercialisation directe ou par la mise en valeur de leurs activités annexes.

Nous proposons :

• De pérenniser les terres agricoles et mobiliser le foncier,
• De réaffecter, partiellement ou totalement, des réserves foncières inutilisées à l’activité agricole,
• De rapprocher l’offre et la demande,
• D’adapter les exploitations au développement de l’agriculture périurbaine,
• De favoriser les filières de distribution coopératives,
• De faciliter l’implantation des points de vente directe,
• De valoriser les pratiques agricoles alternatives (organiser un Salon de l’agriculture de demain, un salon de l’alimentation…)
• De faire du territoire d’Amiens Métropole une référence en matière d’agriculture périurbaine.

Mise à jour le 3 octobre 2013
comments powered by Disqus