Emilie Thérouin, Karine Corne-Hiver, 23 février 2014

Ethique et politique : les amants terribles

Alors que la confiance dans la parole des politiques n’a jamais été aussi faible, nous entendons, dans le sillage de la campagne aux élections municipales, parler de coups de com’, d’alliance de raison, de tactique, de petits arrangements, et plus rarement de projets. Les candidats à l’élection municipale d’Amiens évoquent leurs idées, leurs principes ou leurs valeurs, mais combien s’engagent vraiment sur leur future pratique de l’exercice politique ?
Sans mettre en doute* leur engagement, la question de l’éthique en politique doit être posée et nous espérons qu’elle dépasse les déclarations électorales qui rassurent et donnent bonne conscience. Nous suggérons la signature d’une charte éthique dès maintenant pour les candidats, puis, les nouveaux maires, président d’Amiens métropole, adjoints au maire, vice-présidents de la métropole, conseillers municipaux et d’agglomération.

Exercer un mandat quel qu’il soit est exigeant et chronophage, si l’on exerce avec sérieux et dévouement. Faute d’un réel statut pour les élus, les pratiques peu recommandables sont malheureusement courantes dans le monde politique, amplifiées par les modes de désignation des candidats et le cumul des mandats. Ces dérives ne sont pas uniquement dénoncées dans le Canard Enchaîné, elles alimentent les rumeurs et autres fantasmes sur les indemnités et autres avantages qu’auraient les élus. Ces mauvaises pratiques font du mal à la vie publique et renforce le perte de confiance, voire même la défiance, des citoyens envers les élus.

Dans la majorité ou dans l’opposition, dans un exécutif ou non, les élus se doivent d’être exemplaires et nous souhaitons formaliser symboliquement cette exigence sous forme d’engagements à ratifier.

Un engagement de respect et d’exemplarité

L’élu municipal, en tant que représentant de la ville et de ses habitants, défend les principes républicains. Il défend l’équité dans l’accès aux services de la ville, en refusant catégoriquement le clientélisme et l’achat de la paix sociale.
L’élu s’engage à ne pas utiliser sa fonction pour favoriser son propre intérêt ou celui d’un proche. L’élu s’engage à se former tout au long de son mandat, notamment en ce qui concerne la gestion des fonds publics. L’élu s’engage à prendre part activement aux réunions du conseil municipal et dans les instances où il représente la ville.

Un engagement d’écoute et de présence dans la vie locale

L’élu municipal est à l’écoute de tous les citoyens, dans leur richesse et leur diversité, quelle que soit leur opinion politique ou religieuse.
L’élu municipal donne de son temps à la collectivité ; il reçoit, va au devant des citoyens et s’engage à participer à la vie associative et citoyenne de la Cité.
L’élu s’engage à favoriser la consultation et la participation des citoyens, des acteurs de la société civile et des employés municipaux.

Un engagement de transparence
L’élu municipal s’engage à ne pas cumuler de fonctions exécutives ou dans les satellites. L’élu s’engage à rendre régulièrement compte de son mandat. Il présente aux citoyens des informations utiles, complètes et énoncées dans un langage accessible par tous.
Il s’engage à communiquer aux citoyens, à leurs collaborateurs, les liens éventuels avec les entreprises ou les services à but lucratif.

* Toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite.

Nos propositions :

Lier la présence sur une liste concourant à une élection, puis dans un exécutif, à la signature d’une charte des droits et devoirs de l’élu et l’intégrer au règlement intérieur de l’assemblée communale qui prévoit :
- L’obligation de formation de l’élu, notamment quant à la gestion des fonds publics ;
- La baisse des indemnités en cas d’absence non justifiées aux séances publiques et aux instances (commissions, conseil d’école, etc.) ;
- La non participation au vote lors d’un conflit d’intérêt annoncé avant chaque séance publique.

Mise à jour le 23 février 2014
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