Emilie Thérouin, Jean-François Vasseur, 20 janvier 2013

Séparons les fonctions de maire et de président d’Amiens métropole !

Depuis 2008, Gilles Demailly exerce cumulativement les fonctions de maire, de président de l’agglomération et du pays. La question mérite d’être posée et le débat ouvert :
La maire d’Amiens a-t-il nécessairement vocation à être président de la Communauté d’agglomération Amiens métropole et président du Syndicat mixte du Pays du Grand amiénois ?

Le cumul des fonctions de maire d’Amiens, de président d’Amiens métropole, de président du Pays du Grand Amiénois, et l’unité des trois exécutifs sont classiquement légitimés par sa « simplicité », son efficacité, sa banalisation et son acceptation tacite. C’est pourtant un système totalement opaque, anti démocratique et sclérosant.

La superposition et l’imbrication des territoires locaux créent une situation complexe, partie prenante de l’empilement souvent dénoncé du millefeuille administratif (Europe, État, régions, départements, intercommunalités…).

Le refus de toute relation hiérarchique entre collectivités territoriales et établissements de coopération intercommunale a produit des systèmes relationnels (contractualisation, financements croisés…) devenus incompréhensibles et contre-productifs que les réformes les plus récentes - ou à venir - de décentralisation tentent de rationaliser.

Le cumul des fonctions est une réponse immédiate et simpliste qui s’inscrit dans la panoplie des modes de régulation du système.
Le non cumul de ces mandats - au premier chef : ceux de maire et président de la communauté d’agglomération - est une proposition dont il convient de débattre en toute transparence.

Elle peut s’envisager simplement et immédiatement, par un engagement volontaire de chacun et dans le cadre de la législation existante, sous la forme d’un « ticket », une double candidature solidaire : maire/président(e) de l’intercommunalité.

Avec pour corollaire :

  • Le respect des électeurs : dans le cadre du mode de scrutin appliqué en 2014, les électeurs choisiront les conseillers municipaux, ce sont les premiers des listes élues qui auront vocation à siéger également au sein des intercommunalités ;
  • La transparence démocratique : aujourd’hui, la transparence démocratique est occultée par la confusion et la dilution des responsabilités politiques déjà initiées par des scrutins intercommunaux indirects. Nous souhaitons être clairs sur « qui est qui » et « qui fait quoi » ;
  • Le renforcement du non cumul des mandats : c’est une contradiction que ceux-là mêmes qui prônent la limitation stricte, mais qui, sous prétexte de conformité à la loi, assument sans scrupule deux ou trois responsabilités locales essentielles, qui doivent mobiliser un engagement à 100%. A moins de se réclamer du mystère d’une Sainte Trinité dotée du don d’ubiquité ou d’un Janus aux trois visages, cumuler et exercer toutes les fonctions exécutives locales n’est pour nous pas sérieuse ;
  • La clarification des responsabilités politiques : le mode de décision actuel repose sur un « consensus mou » résultant de tractations, arrangements donnant/donnant souvent obscurs et d’une efficacité très relative entre « élus au troisième degré » ;
  • L’affirmation des entités locales : la confusion des espaces et des territoires de l’action rend très difficile l’affirmation d’une identité locale forte et créé parfois les conditions d’une concurrence stérile ;
  • La promotion de la parité : dès lors que nous proposons un ticket mixte. (candidats à la primaire)

- renforcer le non cumul des mandats et des fonctions
- renforcer la transparence dans la gestion de l’intercommunalité
- réaffirmer l’intercommunalité
- proposer un ticket homme/femme solidaire ville/agglomération
- le/la président-e de l’agglomération doit être un-e Amiénois-e

Mise à jour le 20 janvier 2013
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